Peut-on continuer le piano sans prendre des cours? Oui, oui! pourquoi et un peu du comment

Quelque soit le souci avec le fait de prendre ou pas des cours, si l’envie de continuer le piano est là, non seulement on peut mais on se doit à soi-même de continuer. Avec ou sans cours.

Et si vous vous posez la question, alors c’est que quelque part l’envie est bien là!

Alors voici mes réflexions et quelques indications pour entretenir les talents autodidactes de chacun.

Pourquoi continuer si on ne prend pas de cours de piano? 

Le piano (et n’importe quel instrument) c’est un peu comme les langues, si on ne pratique pas, on perd en fluidité. Ca revient plus vite lorsque vous en avez déjà fait, mais il faut quand même le temps de s’y remettre. Donc plusieurs possibilités se présentent à nous lorsqu’on veut continuer à son rythme.

Continuer à s’entrainer afin de maintenir le niveau. 

C’est l’option la plus directe. Vous continuez à faire vos exercices et à jouer les mêmes morceaux.

S’amuser à améliorer ce qu’on connait

Souvent, lorsqu’on croit connaitre une notion ou un morceau, il suffit d’ajouter un petit quelque chose – une contrainte supplémentaire minimale- et on se retrouve complètement perturbé par le changement de perspective.

Ils font souvent ça les profs, avez-vous remarqué?: vous montrez ce que vous avez appris, ils vous demandent de changer d’un chouia… et parfois plus rien ne marche, vous ne savez plus faire! D’ailleurs, c’est rare qu’on vous dise que ce phénomène est normal. Mais une fois qu’on sait que ça marche comme ça, on s’évite beaucoup de doutes sur soi :p

Mais que pourrait-il arriver de pire si on ne fait que travailler ce qu’on a déjà étudié? bah, au pire on stagne un peu,  mais au moins on maintien le niveau qu’on a déjà. 

Et c’est déjà pas si mal! au moins en attendant que lumière se fasse sur la situation. Une possibilité ou une nouvelle envie qui se présente de reprendre quelques cours ou de faire un stage, ou l’occasion d’échanger avec un autre apprenti pianiste, puis un nouvel axe de travail se dégage comme par magie.

Avancer si on a une idée de la direction et on cherche des indications sur internet 

La réalité c’est que souvent nous avons en tête au minimum quelques morceaux que nous voulons apprendre, ou un livre d’exercices techniques à continuer. Par exemple, je pioche dans la deuxième partie du Hanon -entre autres- de temps en temps.

On peut faire une recherche sur Youtube ou Google, puis écouter ce que les autres apprentis pianistes ont à dire sur un aspect particulier. On peut choisir parmi les conseils qui ne semblent pertinents.

J’ai trouvé par exemple des videos sur un exercice du Hanon qui m’intéressait. Une autre fois c’était l’audio de la méthode Suzuki pour le piano.

Le risque de se sentir débordé avec ou sans cours

Pour avancer tout seul, il est vrai que plus le niveau d’autonomie dans l’apprentissage autodidacte est élevé, plus on progressera. Le risque est se sentir plus ou moins dépassé par la masse d’informations et la multitude de ressources disponibles.

Quand j’ai commencé à apprendre le piano jazz, je n’avais pas beaucoup de connaissances techniques ni théoriques. J’ai voulu faire ça « bien », pas seulement sur internet, mais avec des cours de solfège, des cours d’instrument, des ateliers. Je me suis donc inscrite dans une école de musique pour faire tout ça.

Résultat: je me suis sentie complètement débordée et dépassée quand même! Je ne voyais pas où j’allais, ni comment aborder la montagne de notions à travailler, ni quel chemin prendre pour avancer. J’en rigole maintenant, mais à l’époque ce n’était pas vraiment drôle. Je me sentais larguée et je doutais à nouveau beaucoup de mes capacités. Comme lorsque j’avais 15 ans. Voir Conseil d’un adulte débutant à l’ado de 15 ans qui voulait apprendre le piano.

Il m’a fallu beaucoup de courage pour persévérer et croire qu’il pouvait y avoir des parcours un peu plus structurés ailleurs.

A l’ère d’internet aussi, le trop plein d’informations tue parfois l’information. Tout dépend de votre niveau d’autonomie en tant qu’autodidacte. Ainsi que du temps dont vous disposez pour chercher et faire le tri.

En quoi consiste l’autonomie dans l’apprentissage autodidacte

Le niveau d’autonomie  dans l’apprentissage veut dire:

  1. Avoir une idée de ce qu’on a à travailler ou savoir trouver. Sur internet ou dans les bouquins/méthodes qu’on peut suivre avec l’aide trouvée sur internet en complément.
  2. Savoir définir soi même une sorte de programme d’entraînement qu’on ajuste selon les envies, les progrès, ou les nouvelles informations qu’on trouve. 
  3. Pouvoir trouver et retrouver les moyens de se motiver soi-même, comme si c’était un jeu. Du style: se donner des objectifs au fil du temps, jouer devant les autres, s’enregistrer et partager dans un groupe.

Dans tous les cas, quelque soit votre situation et votre niveau d’autonomie, dans les sections qui suivent vous trouverez quelques indications supplémentaires qui pourraient vous aider, je l’espère, à vous y retrouver plus facilement au début.

Quelques pistes pour s’amuser à améliorer ce qu’on connait

Voici quelques exemples d’éléments perturbateurs qu’on peut utiliser pour mettre en difficulté ce qu’on sait (les morceaux, les gammes, les exercices): 

  • jouer au métronome
  • augmenter la vitesse du métronome, 
  • apprendre par coeur, 
  • jouer à des tempos différents (beaucoup plus lent ou plus rapide) et ou avec des rythmes d’accompagnement différents (j’utilise l’application iRealPro sur mon mobile), 
  • si c’est un morceaux, jouer en même temps que les enregistrements qu’on aime particulièrement – c’est souvent très entrainant!
  • si c’est des gammes, changer ce qu’on fait dans chaque main (miroir vs unisson, ou faire un rythme à la main gauche qui joue soit un accord soit la fondamentale et la quinte de la gamme pendant qu’on fait défiler la gamme à la main droite sur des noires, des croches, des triolets.
  • chanter un même temps la mélodie ou les paroles
  • chanter le nom des notes qu’on joue.
  • jouer sans regarder les touches ou les yeux fermés, jouer lié (legato), jouer détaché (staccato)… 

C’est ce qui me vient tout de suite, mais je suis sûre qu’il ya encore plein d’options à trouver etc… Si vous en avez d’autres, n’hésitez pas à les partager dans un commentaire ci-dessous! ça peut toujours être utile à quelqu’un!

Exemples d’axes de travail pianistique

Par exemple on pourrait se dire qu’on aimerait travailler un ou plusieurs des aspects suivants et effectuer des recherches dans ce sens afin d’intégrer des exercices ciblés dans notre entrainement quotidien: 

  1. La détente du corps,
  2. Le plaisir de jouer,
  3. La dextérité des doigts/mains,
  4. La qualité du son, 
  5. La vitesse d’exécution/fluidité,
  6. L’improvisation
  7. Le déchiffrage sur instrument,
  8. La mémorisation des morceaux,

Exemple de programme d’entrainement quotidien

Pour travailler les different aspects listés auparavant on peut décider par exemple que les grandes lignes du programme d’entrainement quotidien seraient comme suit:

Apéritif (Echauffement du corps et de l’esprit)

J’ai construit ma propre routine d’échauffement et détente du corps en me basant sur des conseils trouvés sur Youtube que j’ai complété avec mes cours de yoga et des notions trouvés au cours de mes lectures « bien-être ». 

Je fais ma routine d’échauffement presque sans faute avant de m’installer au piano, six jours sur sept – car j’ai décidé de ne pas toucher au piano le dimanche :), et oui!

A chaque fois que je commence ma routine d’échauffement, j’anticipe avec une sorte d’enthousiasme le moment où je me mettrai au piano, comme si maintenant les deux plaisirs (mettre le corps en mouvement et retrouver le piano) étaient associés.

Entrée (Les Gammes et la pleine conscience)

Si vous avez une méthode comme le Hanon « Le pianiste Virtuose », vous avez tous les doigtés et different exercices sur les gammes dans la deuxième partie du manuel. 

Mais si vous êtes plus visuel, alors Youtube serait plus adapté.

Voici par exemple ma playlist youtube avec les vidéos ou vous pourrez visualiser le doigtée des gammes majeures (videos pour la main droite puis pour la main gauche):

Important:

Ne faites pas les gammes de façon mécanique, le tête ailleurs, genre « juste par obligation ». Profitez-en pour prendre conscience des touches du piano, de votre corps, la justesse des notes et des doigtés, l’homogénéité du son, cherchez à vous détendre, à prendre plaisir, à rester concentré… etc.

Plats (Technique et déchiffrage)

  • Un exercice  pour mémoriser et intégrer les  accords sous toutes les coutures. Jetez un coup d’oeil à la 2ème partie du Hanon si vous aimez le style du manuel.
  • Un exercice pour developper votre technique d’improvisation.
  • Déchiffrage d’un nouveau thème, sans forcément chercher à le jouer ou à l’apprendre

Trouver des partitions à déchiffrer – une par jour (ou à peu près)

Là, c’est c’est plutôt l’embarras du choix: cherchez à la médiathèque de votre quartier des partitions, ou alors des partitions gratuites sur internet, ou vous achetez les morceaux qui vous tentent à l’unité toujours sur internet. 

Vous en avez peut être aussi tout en stock, comme moi, dans un placard, en attendant de pouvoir les attaquer un jour. 

Et bien sur, les standards de jazz du RealBook… on en trouve facilement sur internet. J’aime bien ce site en anglais. Sinon, il y a aussi ce site en français . Et aussi dans les forums Musescore.org.

Si vous intégrez cette étape à votre routine d’entrainement, ça sera le moment de s’amuser juste à les déchiffrer sans forcément apprendre à les jouer. Fixez-vous le temps que vous voulez passer par jour à déchiffrer (10 ou 30 minutes à vous de voir) puis servez-vous d’un chrono.

Dessert (constitution d’un répertoire et non regression)

  • Travailler de A à Z un morceau avec l’objectif de pouvoir le jouer entièrement et improviser dessus est somme toute un des objectifs finaux, le pourquoi on fait tout ce qu’on a fait avant.

Important: Tout ce qu’on fait avant le travail des morceaux sert à rendre progressivement de plus en plus fluide et systématique l’apprentissage et l’interprétation des nouveaux morceaux. Pour que ça devienne moins laborieux si vous voulez. Donc ça serait vraiment dommage de faire l’impasse sur les différentes parties de l’entrainement au risque de se voir ramer toujours autant à chaque nouveau morceau.

  • Retravailler chaque jour un des morceaux que vous avez déjà étudié auparavant car si on ne pratique pas on perd, et c’est le cas pour les morceaux qu’on connait par coeur à un moment donnée. Il faut les entretenir dans le temps.

Trouver, retrouver et ménager sa motivation encore et encore

Avec cours ou sans cours, j’ai toujours connu dans l’apprentissage des hauts et des bas. 

Comme tout dans la vie j’imagine, il a des périodes d’euphorie ou on envie d’en faire tellement que parfois on en fait même trop jusqu’à écœurement; puis des périodes où on ne sait pas ou toute l’énergie s’en va, l’euphorie laisse place aux reticences, à la procrastination (à vos souhaits!)  et même parfois des doutes sur ses capacités.

Il est important d’apprendre à ménager sa propre motivation. 

  • Journée off. Depuis quelques mois, par exemple, j’ai décidé de ne pas toucher au piano le dimanche. Curieusement, cela attise parfois l’envie et j’attends avec impatience de pouvoir m’y remettre dès le lundi. 
  • Fixez une durée d’entrainement. Je me fixe des plages de maximum 20-30 mins pour faire chacun des points de mon programme d’entrainement.
  • Adaptez votre routine à la météo interne. C’est très rare que je renonce à l’aperitif ou à l’entrée, tellement je suis convaincue de l’importance de l’échauffement du corps et de la qualité nutritive des gammes (j’ai mis du temps à en arriver là! qui l’aurait cru… un vrai changement de perspective… j’écrirai certainement aussi un article à ce sujet).

Et selon le jour et le temps dont je dispose, je peux decider de ne prendre q’un seul plat de résistance, ou aucun des deux, et je passe de l’entrée au dessert directement.

  • Faites des pauses. Dès que je me sens trop fatiguée ou ennuyée, je fais une pause, puis je passe au point suivant. Ainsi je peux écourter et ne faire qu’une partie du temps prévu pour les gammes ou les exercices.

En gros, j’évite de m’écoeurer ou me rendre malade, comme lors d’un repas :p

  • Anticipez le plaisir de ce qui va suivre. Je pense au petit bout de chocolat que je prendrai à avec le thé et ça me redonne le gout de ce que je suis en train de faire. Par exemple, je pense que je vais revoir le morceau vénézuélien que j’apprends en marge des mes cours, pour mon plaisir, et je finis mes exercices avec une énergie renouvelée.
  • Quantifiez votre investissement. En mesurant de façon concrète combien de temps vous consacrez au piano, vous vous donnez les moyens d’apprécier vos efforts et éventuellement mesurer vos progrès. Vous cumulez un nombre d’heures au compteur et ça peut être motivant dans les moments creux. Voir Combien de temps faut-il pour apprendre le piano.

En guise de conclusion

Prendre des cours absolument ou être totalement autodidacte, je crois que la question n’est pas vraiment là.

Il s’agit plutôt de continuer à vous investir dans une activité qui vous tient à coeur (le piano dans notre cas), de rester à l’écoute de ce qui vous permet d’avancer, de prendre les opportunités quand elles se présentent.

Toujours pressée d’aller plus vite, je cherche souvent des cours, mais il m’est arrivé de devoir avoir recours à d’autre ressources (internet, livres, camarades de classe) même lorsque j’avais des cours régulièrement.

Inversement, il m’est aussi arrivé de changer de prof de piano et de me dire au bout de la première séance: ah! si j’avais su tout ça avant! Pourquoi on ne me l’a pas dit avant?

Je sais maintenant que de toutes façons on ne peut pas aller plus vite que la musique! Et la musique demande patience, parfois lenteur et constance.

La minute philosophique de la fin

Nous sommes tous différents, donc que ce soit dans l’apprentissage du piano ou dans la vie en général, je pense qu’il est important de chercher à se connaitre de plus en plus et d’explorer régulièrement de nouveaux horizons, de façon à trouver ce qui marche le mieux pour soi à un instant t. 

Parce que vous l’aurez compris, nous sommes aussi en évolution constante, et il se peut que des choses qui marchaient très bien auparavant, un jour ne soient plus tout à fait aussi efficaces ou plaisantes.

La vie c’est un chemin et non pas une destination, c’est bien connu… alors je vous/nous souhaite de profiter et apprécier le plus possible ce chemin en toutes circonstances.

Est-ce que cet article vous a aidé? Si vous avez apprécié n’hésitez pas à partager et/ou à laisser un commentaire ci-dessous, et éventuellement à vous abonner si vous en voulez plus!

De même si vous avez des questions plus précises, n’hésitez pas à m’en faire part, je tenterai d’y répondre sous l’angle de mon expérience personnelle.

A bientôt !

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